Le vaste domaine des rythmes biologiques humains  
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L'échec de la médecine occidentale

L'Échec de la Médecine Occidentale
Éditions Ellebore

Chronobiologie, chapitre 8 : en dépit des découvertes incontestables de la biologie, de nombreuses maladies restent inexpliquées et incurables.
La chronobiologie prouve que la médecine académique repose sur de faux principes comme l'homéostasie.

  livre sommeil rêve

Sommeil et rêves
Éditions Ellebore

Les rythmes du sommeil, chapitres 2 et 3 : Le sommeil et le rêve sont des phénomènes rythmiques basés sur des cycles de 24 h et de 90 mn.
Le respect de ces rythmes naturels est une nécessité vitale, leur désorganisation est à l'origine de troubles psychiques et organiques.

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8 - Médecine, santé
et rythmes biologiques

Mis à jour le 01 mars 2015

" Ignorer les rythmes en biologie, et en particulier en médecine, peut être comparé au fait de ne pas se laver les mains avant une opération chirurgicale : le patient en paye le prix. " Franz Halberg*

*Halberg, Franz. Résolution de quelques casse-têtes chronobiologiques d'application générale. Bulletin du groupe d'étude des rythmes biologiques, 1989, n° 1, p. 36 à 52.

 

Le domaine des rythmes biologiques est vaste, invitant à y chercher les origines méconnues de nombreuses maladies. Chaque organe reçoit une succession d'informations hormonales et nerveuses vitales pour son bon fonctionnement. La défaillance d'un rythme biologique, la désorganisation de la succession naturelle des fonctions physiologiques s'accompagne de dysfonctionnements et d'altérations de nombreuses fonctions physiologiques. Un fonction immunitaire déficiente sera responsable d'infections récidivantes, d'allergies et de cancers. Et ainsi de suite.

Dans le monde moderne, le travail de nuit, le manque de sommeil, le bruit, le stress désorganisent les rythmes vitaux des individus et sont des sources de maladies. Les rythmes biologiques ont une grande importance en thérapeutique, en toxicologie, en cancérologie, en endocrinologie et même pour les troubles psychiques.

 

Décalages horaires expérimentaux

Ces décalages ont été étudiés chez différentes espèces animales mais les expériences sont presques inaccessibles. On peut inverser à plusieurs reprises le rythme de 24 h en changeant les conditions d'éclairage, de bruit, d'alimentation. On peut aussi créer un rythme artificiel de 12 h. De telles expériences, pratiquées sur des singes, ont des conséquences très importantes et souvent dramatiques :

"Tous les singes souffraient de névroses qui persistèrent plusieurs mois après s'être réadaptés à une vie normale. L'un des singes était très excité, un autre se tenait prostré dans un coin de sa cage, ne réagissant plus aux signaux et ne venait pas chercher sa récompense. Quand au troisième, il répondait de façon absolument discordante aux sonneries...

Un singe, normal au départ, devint apathique, languissant et fut atteint de tremblements. 64 jours après la fin des expériences, il mourut d'une coronarite aiguë suivie à l'électrocardiogramme." (Siffre - Expériences hors du temps - 1972 )

Ces décalages horaires sont une véritable torture avec des troubles du comportement prolongés et des troubles organiques sévères. On peut provoquer une maladie et même la mort en manipulant les rythmes d'un animal, ainsi :

Les souriceaux nouveaux-nés meurent si on les alimente pendant leurs périodes de sommeil. (Reinberg)

 

Décalages horaires des voyages transméridiens  Jet Lag

Les voyages rapides avec franchissement de plusieurs fuseaux horaires (Jet lag) provoquent un décalage de phase et une désynchronisation des fonctions physiologiques. On observe différents symptômes, dont la durée et l'intensité varient selon les individus, le sens et l'importance du décalage :

  • Sommeil instable ou insomnie.
  • Risque d'endormissement brutal.
  • Fatigue intense et baisse des performances psychomotrices.
  • Amnésie du futur : le cours normal de la pensée est interrompu.
  •  

  • Troubles psychiques : anxiété, dépression, irritabilité ou agressivité, jusqu'à l'apparition d'un état névrotique.
  •  

  • Troubles gastriques : nausées, dyspepsies, gastralgies aggravés par les changements d'horaires des repas.
  • Instabilité tensionnelle et troubles cardiovasculaires.
  • Dérèglements endocriniens : désorganisation de l'horaire naturel des principales sécrétions hormonales.
  • Trouble du cycle de la température, de la force musculaire.

D'après les critères de la médecine classique, un tel patient est en "bonne santé", puisque toutes ses "constantes biologiques restent normales".
En réalité, il est réellement malade, et il risque de graves complications psychiques et organiques si ces désordres se prolongent.

 

La grande stabilité des rythmes de 24 h

Après un décalage horaire, la restauration d'un rythme normal demande beaucoup de temps : toutes les observations cliniques et biologiques montrent la forte résistance au changement des rythmes de 24 h. Un horaire de sommeil correct maintenu pendant 15 jours ne suffit pas toujours à recaler le rythme de 24 h. Les effets de la mélatonine, de la photothérapie et des hypnotiques sont passagers.

  • le cycle activité-repos se rétablit en 2 à 4 jours.
  • le cycle de la température en 5 à 8 jours.
  • Le cycle du cortisol est perturbé de 1 à 3 semaines.

Ces différences entraînent une désynchronisation des différents rythmes et une désorganisation des fonctions physiologiques responsable de troubles organiques et psychiques.

L'adaptation est asymétrique : Un retard de phase (voyage vers l'ouest) permet un réajustement plus facile qu'une avance de phase (voyage vers l'est) :

L'homme peut faire un effort d'adaptation volontaire et trouver, individuellement, l'horaire d'alimentation et de repos le plus adapté.

Certaines thérapeutiques améliorent le sommeil après franchissement de nombreux fuseaux horaires :

  • La mélatonine est la seule mollécule "chronobiotique", capable d'améliorer des décalages de phase. Prise quelques heures avant le coucher, elle entraîne d'autres sécrétions hormonales et favorise la synchronisation sur un nouvel horaire. Il s'agit d'une alternative très intéressante aux tranquillisants et aux somnifères pour les problèmes de décalages horaires, Jet Lag ou travail posté par exemple.
  • Le port de lunettes foncées en fin de journée favorise la sécrétion naturelle de mélatonine.
  • L'aspirine ou le paracétamol font baisser la température et favorisent le sommeil.
  • Les hypnotiques, largement utilisés, augmentent la durée du sommeil avec bien des risques (ictus amnésiques).

On peut faciliter la resynchronisation sur un nouveau rythme avec :

  • du sport dans la journée.
  • des stimulants légers : caféine.
  • une exposition au soleil le matin pour inhiber la sécrétion de mélatonine.

Les vrais stimulants de la vigilance sont réservés à un usage hospitalier et militaire :

  • les amphétamines (interdits), stimulants sympathomimétiques aux effets secondaires gênants.
  • le méthylphénidate (Ritaline), stimulant du système nerveux central, utilisé chez l'enfant.
  • le modafinil (Modiodal), stimulant de l'éveil et de l'activité motrice, peut maintenir des pilotes en éveil deux jours de suite avec très peu d'effets secondaires.
 

Chronotoxicologie

La chronotoxicologie est un aspect très important de la chronobiologie et des rythmes biologiques. L'impact d'un agent pathogène (virus, bactérie, produit toxique, radiation ionisante, bruit) dépend de l'heure à laquelle il intervient, des sécrétions hormonales et des métabolismes actifs à ce moment précis.

Les expérimentations animales (souris) montrent que la léthalité d'une même dose de substance toxique varie de 80 % à 20 % si elle est administrée le jour ou la nuit (A. Reinberg)

Cette règle très générale, valable aussi bien pour le café, le tabac, les médicaments, les produits ménagers que les toxiques industriels est pratiquement ignorée des études de toxicologie. Les personnes qui travaillent la nuit sont exposées à des risques beaucoup plus importants.

 

Chronothérapie

La recherche d'un horaire optimal d'administration d'un médicament date du début du XIXe siècle, avec la même règle fondamentale qu'en chronotoxicologie : "Un nutriment, un médicament, un agent pathogène ou un stress quelconque ont des impacts cellulaires différents selon les métabolismes actifs au moment où ils interviennent." (A. Reinberg)

À 12 heures d'écart, les effets d'un médicament varient du tout au tout.
Les laboratoires devraient étudier les variations des effets des médicaments en fonction de l'heure.

L'habitude de pratiquer les examens sanguins le matin masque les rythmes de 24 h et plus courts. En revanche, les phases hormonales du cycle génital de 28 jours restent évidentes et sont étudiées en détail depuis de nombreuses années. Aussi les stérilités liées aux troubles des rythmes hypophysaires et hypothalamiques constituent de situations exemplaires pour ces questions de rythmes et de chronothérapie. Le jour, l'heure et le rythme d'administration des médicaments sont essentiels pour le résultat d'un traitement :

  • Un choc psycho-affectif peut bloquer un rythme hypothalamique et le cycle génital
  • Un traitement hormonal basé sur des valeurs moyennes échoue
  • Le traitement doit respecter l'ordre de succession et le profil des sécrétions hormonales

Exemple de l'hormone hypothalamique : "La sécrétion pulsatile de l'hormone hypothalamique GnRH joue un rôle essentiel dans son action physiologique." (A. Goldbeter) Dans le cas des stérilités suprahypophysaires, le traitement substitutif doit reproduire cette sécrétion pulsatile physiologique.

Exemple : Mode d'emploi de la GONADORÉLINE (Dictionnaire Vidal)

La gonadoréline (Lutrelef) est un décapeptide de synthèse identique à la LH-RH naturelle, sécrétée de façon pulsatile par l'hypothalamus. Sa demi-vie est de 5,6 minutes. C'est un inducteur de l'ovulation utilisé pour traiter des aménorrhées suprahypophysaires.

L'administration pulsatile de gonadoréline entraîne une stimulation de la sécrétion gonadotrope et une libération pulsatile de LH et de FSH.
• La posologie préconisée est de 5 à 20 µg par pulsation de quelques secondes toutes les 90 minutes.
• La présentation est adaptée à l'injection intraveineuse au moyen d'une pompe spécifique automatique.

Ce mode d'emploi en dit long sur l'importance des rythmes et des pulsations dans le système endocrinien. Pratiquement tous les traitements hormonaux devraient respecter les règles de la chronobiologie, les horaires et les profils naturels de sécrétions. Et de même, les médicaments devraient être administrés aux moments opportuns.

HEURES OPTIMALES d'administration de quelques médicaments (d'après A. Reinberg)
Ces horaires sont inconnus d'une majorité de médecins.

• Anesthésie locale : vers 15 h une anesthésie locale dure 2 à 4x plus longtemps qu'à 7 h ou A9 h
• Anti-H2 : (ulcères gastro-duadénaux) dose unique le soir efficace 8 fois /10.
• Anti-inflammatoires non stéroïdiens : dose unique le soir mieux tolérée. • Corticoïdes per-os ou inhalés : 2/3 le matin à 8 h et 1/3 à 15 h. Les corticoïdes inhalés prescrits dans l'asthme ont les mêmes complications que les corticoïdes oraux ou injectables ! (ce que les laboratoirs ne disent pas)
• Inhibiteurs H+ : dose unique le matin avant le petit déjeuner (trop souvent prescrits le soir)
• ...

De nombreux traitements sont inefficaces ou mal tolérés parce que les laboratoires et les médecins ignorent tout de la chronobiologie et des rythmes.

La chronothérapie nécessite une connaissance précise des médicaments utilisés et des rythmes nycthéméraux des patients.

Chronothérapie et chimios anti-cancéreuses :

La chronothérapie a surtout été appliquée à ce domaine limité, pour tenter d'améliorer les résultats des chimiothérapies anti-cancéreuses tout en diminuant leurs effets toxiques. Cependant les résultats ne sont pas très satisfaisants.

Les chimiothérapies anticancéreuses mettent en oeuvre des drogues qui inhibent la synthèse et la réplication de l'ADN des cellules en phase de mitose. Les résultats sont liés au rythme d'administration de ces drogues et aux différents rythmes de renouvellement des tissus de l'organisme et des cellules tumorales, ce qui conduit à des traitements séquentiels.

 

Effets imprévus des médicaments

Les effets des médicaments dépendent le l'heure à laquelle ils sont dministrés, mais la méconnaissance des rythmes biologiques conduit à des effets thérapeutiques imprévisibles et incompréhensibles.

Les protocoles d'études et les méthodes thérapeutiques négligent les rythmes des cobayes et des patients. Selon les circonstances, les effets toxiques et thérapeutiques sont minimisés ou aggravés et les descriptions des effets des médicaments deviennent incohérentes :

Exemple avec la TIANEPTINE, antidépresseur tricyclique (source : dictionnaire Vidal)

• Tianeptine, pharmacodynamie : La tianeptine est par ailleurs dépourvue d'effets sur le sommeil et la vigilance, sur le système cardiovasculaire, sur le système cholinergique....
• Tianeptine, effets secondaires : Risque de somnolence (conducteurs de machines) !
• Tianeptine, effets indésirables (rares) : Gastralgies, douleurs abdominales, bouche sèche, nausées, vomissements, constipation, insomnie, somnolence, cauchemars, tachycardie, extrasystoles, vertiges, céphalées, gêne respiratoire ...!

On dit tout, et le contraire...

Les laboratoires publient souvent des résultats contradictoires et les médecins ne savent plus quels sont les effets réels des médicaments qu'ils utilisent. Ces indications sont rédigées comme des contrats d'assurances, de manière à décourager un hypothétique lecteur tout en dégageant la responsabilité du fabriquant.

 

Rythmes et cancérogénèse

Le cycle des mitoses est un aspect essentiel des rythmes biologiques : Les synthèses et les divisions cellulaires se déroulent suivant un cycle cellulaire de 24 h synchronisé par le système hormonal avec les alternances d'activité et de repos de l'organisme et avec tous les autres rythmes physiologiques. Il conduit à :

  • la synthèse des constituants nécessaires à une division cellulaire se fait dans un ordre déterminé,
  • Il existe un pic nocturne des mitoses.

Le bon ordre et la bonne réalisation de chaque étape conditionne le résultat final, et le cycle est dépendant des nombreux métabolismes qui se succèdent au cours des 24 h : Toute perturbation des rythmes physiologiques modifie le cycle des mitoses et favorise l'apparition de cellules anormales.

L'activité du système immunitaire joue un grand rôle dans le développement d'un tissus tumoral. Une cellule cancéreuse se multiplie d'autant mieux que les défenses immunitaires sont incapables de l'identifier et de la détruire. L'efficacité du système immunitaire est variable selon l'heure du jour, liée aux cycles de sécrétion du cortisol et modifiée par les variations nycthémérales des cellules sanguines. Les perturbations des rythmes diminuent :

  • les défenses immunitaires,
  • la destruction des cellules tumorales,
  • les défenses contre les virus oncogènes.

L'horaire d'exposition à un toxique en modifie les risques : "Un nutriment, un médicament, un agent pathogène ou un stress quelconque ont des impacts cellulaires différents selon les métabolismes actifs au moment où ils interviennent". Ainsi, la cigarette fumée à 2 h du matin n'a plus le même effet qu'à 14 h.

La nuit, les métabolismes chargés d'éliminer les toxiques sont désorganisés ou inactifs : Les effets de l'alcool, du tabac et de toutes les substances dangereuses sont aggravés.

Désorganisation des rythmes et cancers : de tels désordres précèdent et accompagnent un bon nombre de tumeurs cancéreuses, et peuvent en être des causes favorisantes. Ces désordres perturbent les fonctions endocriniennes, les défences immunitaires et les cycles des mitoses. Ils aggravent la toxicité des substances nocives :

  • les cancers sont souvent précédés ou accompagnées de fatigue et de troubles du sommeil qui traduisent le dérèglement d'au moins un rythme vital fondamental,
  • Les cancers deviennent fréquents ( épidémiques ) au milieu du stress, du rythme accéléré et de la vie nocturne de notre société,
  • Les cancers évoluent ou rechutent souvent à l'occasion d'un traumatisme psychologique grave qui désorganise le mode de vie, les rythmes biologiques, les fonctions endocriniennes et immunitaires des patients.

En sens inverse, certaines guérisons inexpliquées voire "surnaturelles" s'expliquent par une restauration des rythmes et des fonctions physiologiques normales.

 

L'horaire spécifique des symptômes

L'horaire spécifique de symptômes organiques s'explique par des variations régulières des sécrétions hormonales et du tonus neurovégétatif.

La recrudescence nocturne des crises d'asthme est ainsi associée aux variations de plusieurs rythmes qui aggravent le bronchospasme, en particulier :

  • Augmentation nocturne du tonus vagal,
  • Sécrétion d'histamine,
  • Baisse des sécrétion d'adrénaline et de cortisol.

Au cours de la maladie de Cushing (hypercortisolisme), le rythme normal de sécrétion d'ACTH disparaît.

La fatigue est un indicateur des désordres des rythmes biologiques : N'ayant aucune définition précise et aucun stigmate biologique déterminé, elle doit probablement être attribuée au bouleversement de l'ordre naturel des activités physiologiques.

 

Performances sportives et rythmes

Juste quelques lignes pour introduire une question dont les développements dépassent le cadre déjà vaste de cette présentation. Les résultats sportifs sont influencés par les variations nycthémérales des fonctions neurovégétatives et hormonales : calibre bronchique, taux d'hormones, la force musculaire, vigilance et fonctions sensorielles :

  • l'horaire des épreuves coïncide ou non avec les phases de meilleure adaptation de chaque athlète.
  • l'horaire des repas et le rythme de veille-sommeil jouent sur les performances et l'énergie disponible.
  • les décalages de phase (voyages à l'étranger) peuvent affecter les performances pendant une ou plusieurs semaines : le temps de recaler les cycles de la température et du cortisol, de la force musculaire, les sécrétions digestives et l'horaire des repas.
 

Rythmes de sommeil de l'enfant

Les enfants souffrent d'un mode de vie qui abrège ou fragmente leur temps de sommeil et désorganise leurs rythmes biologiques spontanés : ils sont souvent entraînés dans le rythme accéléré des adultes.

Les évidences non partagées :

  • On n'oblige pas un enfant à dormir, on le laisse dormir,
  • Le sommeil de l'enfant doit être protégé, bruit, lumière, insécurité matérielle et affective,
  • On ne doit pas réveiller un enfant qui dort.

L'organisation du sommeil évolue parallèlement à la maturation du système nerveux central. Le sommeil est indispensable à la croissance somatique, à l'apprentissage et à la mémorisation. Il y a un moment favorable à l'endormissement et le réveil doit être spontané, de façon à respecter le dernier cycle de sommeil :

  • de 0 à 1 mois : le nourrisson dort environ 16 heures par jour, par phases de 2 à 3 heures, avec 50% de sommeil "actif" et 50% de sommeil calme. Il a un rythme interne d'environ 180 mn, sans aucune périodicité nycthémérale. Le sommeil actif du nourrisson équivaut au sommeil paradoxal, avec des mouvements oculaires diminués et une activité motrice plus marquée. Jusqu'à 3 semaine, le nourrisson s'endort directement en phase de sommeil actif.
  • de 1 à 4 mois : un rythme de sommeil nocturne s'installe progressivement avec une période voisine de 25 heures, indépendante du cycle jour-nuit extérieur. La durée du sommeil actif diminue à 30% environ.
  • de 4 à 12 mois : le sommeil nocturne se synchronise sur les rythmes extérieurs et se structure comme celui de l'adulte. Le sommeil paradoxal devient caractéristique et il survient de plus en plus tard après l'endormissement, comme chez l'adulte.
  • à 1 an : la durée de sommeil total est de 12 à 14 heures, dont deux siestes.
  • entre 3 et 5 ans : le temps de sommeil diminue à 12 h/24h, puis 10 heures vers 10 à 12 ans
  • à l'adolescence, le besoin de sommeil augmente un peu.
  • à l'âge adulte, il y a des grands et des petits dormeurs, avec des écarts de plusieurs heures selon les individus : Einstein dormait 10 h. Le sommeil paradoxal représente alors environ 20% de la durée totale du sommeil.

Le rythme naturel d'alimentation du nourrisson semble un multiple de 90 mn. Le nouveau-né s'alimente spontanément toutes les 90 mn. A l'âge de 1 mois, cette période s'allonge à 3 h, puis elle passe à environ 6 h au delà de 2 mois (Reinberg).

La sieste du début de l'après-midi est un élément indispensable et doit être protégée avant trois ans. Elle disparaît spontanément à un âge très variable, entre 3 et 6 ou 7 ans, et l'enfant passe naturellement à un rythme d'adulte.
Chez les enfants qui ne la demandent pas, la sieste obligatoire entraîne une agitation et des réactions agressives. Inversement, priver de sieste un enfant de 5 ou 6 ans qui en a encore besoin conduit à ces mêmes troubles du comportement (H. Montagner).

Manque de sommeil = perturbations de la scolarité : Chez les enfants de 7 à 8 ans, les meilleures scolarités sont associées à un temps de sommeil supérieur à 10 heures. Pour la même tranche d'âge, un temps de sommeil inférieur à 8 heures s'accompagne :

  • de retards scolaires dans 60% des cas,
  • de retards de langage, de bégaiements ou d'énurésie,
  • de retards de croissance avec surcharge pondérale.

Pour ces petits dormeurs, plus nombreux dans les milieux défavorisés, il existe une relation avec un temps de télévision supérieur à 2 heures par jour et des cauchemars (Poulizac).

Manque de sommeil = retards de croissance et troubles organiques : L'hormone de croissance est sécrétée au cours du sommeil lent profond au début de la nuit. Le manque de sommeil perturbe cette sécrétion ainsi que toutes les activités physiologiques spécifiques au sommeil.

 

Rythme de croissance

La croissance d'un être vivant obéit à un programme génétique qui gouverne le développement des organes, du système nerveux, du système hormonal, et l'acquisition des comportements adaptés.

La fonction de reproduction n'échappe pas à cette programmation et on sait aussi qu'une fonction physiologique inutilisée se détériore. En occultant les yeux d'un animal qui vient de naître, on provoque une régression irréversible de son système visuel.
La maturation du système nerveux central s'achève à l'adolescence. Avec les premières règles, le développement de l'appareil génital féminin est également terminé et les tendances instinctives sont bouleversées :

A l'Horloge de la Vie, il est l'heure d'avoir des enfants.

La Nature tient ce langage depuis des centaines de milliers d'années. Situation historiquement nouvelle et dont on néglige les véritables conséquences, le mode de vie occidental oblige les adolescentes à ignorer leur développement physiologique. Les objectifs et les rythmes scolaires ne laissent aucune chance à cette fonction de poursuivre son évolution naturelle et les premières maternités sont le plus souvent retardées de dix ou quinze années après un premier cycle génital. Le rythme de croissance est entravé, et on peut prévoir que l'équilibre organique et psychique va en souffrir :

Les médecins ignorent ce que tous les vétérinaires ont compris depuis longtemps :
grossesses tardives = grossesses compliquées

De nombreuses jeunes filles souffrent dès l'adolescence de maladies hormono-dépendantes : règles douloureuses, kystes des ovaires et des seins, acné. De très nombreux traitements hormonaux sont instaurés à l'adolescence, et cette situation anormale semble s'aggraver.

Quelques années plus tard....

  • La procréation est de plus en plus médicalisée, avec des stérilités, des grossesses et des accouchements difficiles,
  • Les cancers de l'ovaire surviennent presque exclusivement chez des femmes nullipares,
  • Les cancers du sein augmentent à la mesure de la disparition de l'allaitement maternel.

L'anxiété, les troubles psychosomatiques et les tendances suicidaires sont aggravés par ces obstacles à l'épanouissement d'une fonction vitale. Notre mode de vie et notre système éducatif crée une génération d'individus déconnectés de leurs fonctions physiologiques.

 

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